Recherche en campagne

La naissance d’un refuge, d’AVEC en 2006.

L’équipe d’AVEC se rend dans les villages les plus démunis et comme je vous l’ai dit, pour la plupart se sont des réfugiés, dans leur propre pays. A force, ils ont appris beaucoup de choses concernant les enfants et les familles et aucune situation n’est identique.

Chaque famille a son histoire, chaque histoire est différente, mais pas forcément plus douloureuse ou moins douloureuse qu’une autre. C’est pourquoi AVEC doit travailler au feeling.

Toutes ses familles ont un point en commun, elles vivent dans une telle misère qu’inévitablement des maladies surviennent et elles survivent jour après jour. Elles ne peuvent penser sur du long terme, elles sont obligées de vivre au jour le jour. Elles ne savent même pas, si le matin en se levant il y aura à manger pour le soir et si c’est le cas, si il y en aura pour tout le monde !

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Leur énergie est utilisée dans la recherche de la survie de tous les jours, manger aujourd’hui.

Alors croyez-vous qu’ils peuvent penser à scolariser leurs enfants alors qu’il faut payer un cahier, un stylo et l’uniforme de l’école. Pour la plupart ils vivent loin des sentiers battus, il faut payer un éventuel trajet… Pour eux le compte est vite fait. Garder les enfants à la maison et pour qu’ils aillent aux champs aider pour la récolte du riz ou ramasser les crabes dans les rizières ou vendre de petits choses au bord d’une route, toute une journée en plein soleil et parfois jusqu’à la tombée de la nuit.

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Il faut savoir que de nombreuses familles ne sont composées que de la mère et de ses 6-7 enfants. Pour la plupart elles ont été abandonnées par leurs maris. Il est parti à la capitale pour trouver un travail et n’est jamais revenu car il a refait sa vie. Elles sont seules avec de nombreuses bouches à nourrir, sur un petit lopin de terre, dans une vieille cahute qui tient à peine debout et quand la saison des pluies arrive, l’eau traverse le toit et inonde la seule pièce où toute une famille vit. Malnutrition, manque d’hygiène et les maladies sont choses courantes dans ses familles là.

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Parfois la mère, désespérée ne trouve qu’une seule solution à tout ça, partir en Thaïlande se prostituer et parfois les plus petits partent avec elles et risquent d’être emmenés dans la tourmente de la prostitution ou même d’être vendu à des bordels. Certaines reviennent au village juste pour accoucher et repartent en laissant leurs enfants à leurs grand-mères, qui elles essaient de faire vivre tous leurs petits enfants. La plupart ne connaissent pas le préservatif et de toute manière ils sont chers. Il n’est pas rare qu’un enfant soit porteur du virus HIV et cela dès sa naissance.

Je vous rappelle que se sont des familles qui ont vécu sous le régime khmer rouge et pendant ce régime il n’existait rien…. Pas d’éducation, pas de scolarité … Rien. Après la guerre ils ont été ramenés sur des terres, pas forcément les leurs et abandonnés, sans aide, sans formation, sans soutien, moral, psychologique, rien. Il y a dans ces milieux aucun état d’âme et de sensiblerie à l’occidentale. Il faut vivre, manger.

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Ils ne savent que survivre et travailler leur terre s’ils ont la chance d’en avoir une.

En 2006 AVEC avait l’intime conviction que six enfants couraient un très grand danger en restant dans le milieu ou ils vivaient. Trois de ses six enfants sont à présent en Thaïlande.

L’association travail sur les changements des mentalités et la scolarisation mais elle sait que tout ça ne pèse pas bien lourd et que c’est insuffisant pour une protection efficace de l’enfant.

Les fillettes qui sont nées d’une mère prostituée vivant en Thaïlande ont de très fortes chances de rejoindre leur mère une fois qu’elles ont l’âge de travailler, c’est-à-dire vers l’âge de 11 ans.

L’association doit, dans le cas d’une fillette en particulier, procéder à son extraction du milieu où elle vit et cela avec le consentement du responsable de l’enfant, avant que l’irréparable ne se produise (souvent pendant les vacances scolaires). AVEC procède à une extraction que dans les cas extrêmes.

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Mais où placer ses enfants ? L’idée du refuge est née de là !

Sur environ 800 enfants observés, l’association estime qu’une cinquantaine d’enfants, dont une part est constituée de garçons sont des cas extrêmes.

Il fallait maintenant créer un refuge, mais il fallait trouver de l’argent, environ 50’000 Dollars US pour réaliser la phase une du projet, trouver un terrain alors qu’une flambée des prix sur les terrains faisait rage. Les prix ont triplé en moins de 3 ans.

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· Achat de 1 ou 2 hectares de rizière en pleine campagne et à proximité d’une école publique.
· Le terrain devra être surélevé afin qu’il ne devienne pas un lac à la saison des pluies.
· Il faut creuser un petit lac dont la terre sera utilisée pour surélever le terrain.
· Le petit lac subviendra au besoin en eau durant toute l’année et même pendant la saison sèche qui est assez longue au Cambodge.
· Cette opération coûte environ le 40 % du prix du terrain.
· Construction d’une clôture tout autour du refuge, pour des raisons de sécurité et c’est assez couteux.
· Construction des bâtiments de refuge, une zone bureau, chambres et dortoirs. Place externe pour le réfectoire et la cuisine qui servira également pour les cours complémentaires pour les enfants et les activités de groupe.
· Trouver un budget d’exploitation du refuge avec un partenaire fiable et sérieux pour travailler sur du long terme.

Le budget comprend :

1. La nourriture, les frais médicaux et l’habillement des enfants.
(Le budget pour 50 enfants, pour 1 année et de 350’000 Dollars US)

Ce qui représente 500 dollars par an, par enfants et 41 dollars par mois pour un enfant.

2. Les frais courants, comme l’électricité, générateur diesel.
3. Les salaires des employés.

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